« Samedi, jour de marché »

Dans certaines villes, le samedi est jour de marché, dans d’autres ce sera le dimanche, mais ce peut être aussi un autre jour de la semaine et également plusieurs fois par semaine.

Aller au marché c’est une joie quand on est enfant, et peut être encore plus à la campagne qu’en ville.

En ville, dans les villes importantes, dans les grandes métropoles vous trouverez des producteurs, des échoppes qui ont pignon sur rue.

A la campagne, dans les provinces plus reculées, vous pourrez rencontrer la fermière avec ses trois pots de confitures, avec sa douzaine d’œufs, son lapin prêt à cuire et avec encore les abats, la botte de carottes, les trois navets, la betterave rouge, ou la mâche et les endives  du moment.

Et au printemps, des poussins, qui deviendront poulets à cuire ou poules pondeuses.

On pourra aussi découvrir le dernier chaton qui n’a pas encore été donné, le seul qui reste d’une portée ou le dernier hamster, le cochon d’inde, celui qui cherche un maître. On pourra trouver l’animal de compagnie des petits et des grands.

Le marché ce peut être aussi, le marchand de galettes, de crêpes.
Quand vous passez devant lui, tout à coup vous êtes pris, vous êtes comme envoûté par l’odeur de la pâte qui cuit.

Enfant c’est parfois difficile de résister devant ce marchand de crêpes, surtout en fin de marché, et quand le ventre vous tiraille.

Parents, c’est autre chose,  et quand vous êtes accompagnés, c’est aussi et encore autre chose. Vous pouvez entendre une petite voix, voire deux voix, peut-être plus, et tout à coup vous entendez, –

  • « Maman on a faim, n’avez-vous pas un peu feu aussi ? »  ou c’est un plus grand qui va vous dire
  • « Maman je pense que B. a faim et qu’elle aimerait bien une petite crêpe », faire parler l’autre que est toujours mieux.

Puis, une, deux, trois mains d’enfants qui vous tirent sur la jupe, sur le manteau ; avec l’autre main chacun vous montre le marchand de galettes, dans l’hypothèse où vous n’auriez pas encore compris.

Et le marché ce sont ces étalages de légumes de toutes sortes, c’est le poissonnier qui crie à qui veut l’entendre,

  • « Aujourd’hui la coquille Saint Jacques à 20 euros les 3 kilos, de la belle coquille Saint Jacques excellente, toute fraîche, à peine sortie du bateau… ».

Marché de Maisons-Laffitte - Etalage de coquilles st jacques et poisson - le 11-03-17

Ce peut être le fromager qui de derrière son comptoir vous interpelle et vous tend au bout d’un couteau un morceau de fromage de brebis ou de chèvre, et qui dans un élan de générosité vous propose trois crottins de chèvre au prix de deux.

C’est aussi le marchand de lait, de crème fraîche, de fromage frais qui remplit à la louche des pots selon votre désir, et c’est cette crème onctueuse qui tombe de la louche dans le pot et que vous dégusterez avec un délicieux crumble aux pommes pour le déjeuner dominical et en famille ou entre amis.

Marché de Maisons-Laffitte - le crémier versant la crème - le 11-03-17

Quelques pommes épluchées, coupées en petits morceaux, on peut y ajouter une pincée de cannelle ou de quatre épices.
Photo de crumble et crème fraîche du 11-03-17

Dans un grand bol on mélange de la farine, du sucre de canne, un peu de beurre fondu ou d’huile de coco, on mélange le tout et après l’obtention d’une pâte friable on recouvre les pommes.
On met le tout au four à 6 – 7 ou à 180 – 200 °, durant 25 mn et le tour est joué.
On sert ce crumble tiède avec une bonne cuiller de crème fraîche fermière, épaisse ou liquide.

Pour 6 personnes,

  • 1 kilogramme de pommes ou plus (on peut mettre moitié pommes, moitié poires)
  • 150 g de farine,
  • 125 g de cassonade,
  • 75 g de beurre fondu, ou d’huile de coco ou même d’huile de pépin de raisin.

On peut parfumer les pommes avec 1 cuiller à café rase de cannelle, ou de 4 épices. Pour ma part, je ne rajoute jamais de sucre aux pommes.

Le sucre est mélangé à la farine, au beurre fondu ou autre matière grasse.

Et si on veut le mélange de la pâte du crumble,

  • 100 g de farine,
  • 100 g de poudre d’amandes,
  • 60 g de beurre et si la pâte n’est pas assez humide, soit 2 cuillers à soupe de Kirsch, ou un peu d’eau.  

Dans les deux cas, on veille à travailler le mélange du bout des doigts afin d’obtenir une sorte de sable grossier.

Et il m’arrive de mettre des Cornflakes ou des flocons d’avoine que je mélange à la farine.

C’était un aperçu de samedi au marché, par le trou de la lorgnette.

Ecriture, peinture, photographie, le marché dans tous ses états.

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« Le Marché aux Légumes à Pontoise » 1891

Camille Pissarro (1830 – 1903) – National Gallery of Art – Washington

« Cette aube avait une odeur si balsamique, que Florent se crut un instant en pleine campagne, sur quelque colline. Mais Claude lui montra, de l’autre côté du banc, le marché aux aromates. »

Émile Zola (1840 – 1902) – Le Ventre de Paris – Extrait (1873)

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« Le Marché aux esclaves » 1620

Jacques Callot (1592 – 1635) – National Gallery of Art – Washington

« Le Marché »

Sur la petite place, au lever de l’aurore,
Le marché rit joyeux, bruyant, multicolore,
Pêle-mêle étalant sur ses tréteaux boiteux
Ses fromages, ses fruits, son miel, ses paniers d’œufs,
Et, sur la dalle où coule une eau toujours nouvelle,
Ses poissons d’argent clair, qu’une âpre odeur révèle.
Mylène, sa petite Alidé par la main,
Dans la foule se fraie avec peine un chemin,
S’attarde à chaque étal, va, vient, revient, s’arrête,
Aux appels trop pressants parfois tourne la tête,
Soupèse quelque fruit, marchande les primeurs
Ou s’éloigne au milieu d’insolentes clameurs.

L’enfant la suit, heureuse ; elle adore la foule,
Les cris, les grognements, le vent frais, l’eau qui coule,
L’auberge au seuil bruyant, les petits ânes gris,
Et le pavé jonché partout de verts débris.
Mylène a fait son choix de fruits et de légumes ;
Elle ajoute un canard vivant aux belles plumes !
Alidé bat des mains, quand, pour la contenter,
La mère donne enfin son panier à porter.
La charge fait plier son bras, mais déjà fière,
L’enfant part sans rien dire et se cambre en arrière,
Pendant que le canard, discordant prisonnier,
Crie et passe un bec jaune aux treilles du panier.

Albert Samain (1858 – 1900)

Image à la une – Scène de Marché (1800) d’Anton Wachsmann – Peintre allemand (1765 – 1836) – National Gallery of Art – Washington

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