« Le renouveau »

Hier c’était le 1er jour de printemps, à tort je pensais que ce serait aujourd’hui, peut être que je préfère les nombres impairs aux nombres pairs, peut-être que le vingt ne me dit rien alors que le « 21 » et un chiffre que j’aime particulièrement, le « 21 » étant égal à trois fois sept. Enfin, cela me rappelle quelque chose et je dois radoter, j’ai dû un jour écrire sur des chiffres et sur le chiffre sept.

Trois, sept, vingt et un, quelle importance, aujourd’hui c’est aujourd’hui et j’ai décidé que ce serait jour de renouveau malgré le mauvais coup de froid attrapé, malgré le mal de tête qui ne veut pas me lâcher, malgré la toux qui a décidé de s’installer, malgré la fatigue qui vient de je ne sais où.

J’ai ouvert la fenêtre et j’ai regardé, à défaut d’un prunier à admirer, à défaut de le voir s’épanouir, parce qu’il a été taillé par un homme indélicat, j’ai regardé plus loin, j’ai regardé le ciel, j’ai regardé la cime de l’arbre qui dans quelques semaines va me cacher du voisinage, j’ai regardé et j’ai aperçu des bourgeons.

Trop loin pour les photographier peut-être, mais ils étaient là, bien là et cela m’a redonné espoir et à défaut d’un prunier, du prunier qui était sous ma fenêtre et que je voyais depuis plus de quinze ans fleurir, j’ai décidé de regarder plus loin, c’est-à-dire à vingt, trente, quarante mètres, et cela n’était pas plus mal.

170321 Le Renouveau - Le ciel avec le marronnier le 21-03-17 matin

«  Le marronnier ce 21 mars 2017 à 7h30 du matin, vue de ma fenêtre. »

Regarder plus loin, avoir un champ de vue plus grand, voir et revoir.

Aujourd’hui est donc un jour important, puisque nous sommes le 21 mars et que j’ai décidé de voir la vie autrement et malgré les handicaps, car il est bien fort celui qui dit ne pas avoir de handicap.

Je ne sais si je vais pouvoir mettre une chaussette jaune et une autre verte, je ne sais si je vais le faire, mais c’est la journée du handicap, et là j’ai une pensée pour tous mes amis de Foi et Lumière, j’ai une pensée pour ceux dont le handicap est plus visible.

J’ai donc regardé par la fenêtre, j’ai même ouvert la fenêtre et le temps de trois, voire quatre clics, j’ai vu ce marronnier au loin et j’ai vu beaucoup plus près, dans mes jardinières des pensées, des pensées qui accueillaient avec grande générosité des gouttelettes de rosée, de la rosée abondante quand on voit la taille des gouttes.

Donc, aujourd’hui est un autre jour.

Et je suis sortie, c’est-à-dire que de bon matin, j’ai mis un manteau, une écharpe et suis sortie.

Sur le chemin, entre chez moi et la station de RER, j’ai vu des jardinières  de la ville avec des pensées et des jonquilles. Les pensées de couleur blanche étaient très épanouies alors que la jonquille était encore en bouton. Une nouvelle fois je me suis arrêtée, j’ai arrêtés le temps et le temps d’un clic.

Puis sur un rebord de muret, j’ai vu de la mousse, une mousse d’un vert tendre avec quelques excroissances  qui pointent vers le ciel, de cette mousse bien dense et qu’on rêve de trouver en décembre et mettre dans la crèche.

Là encore, je me suis arrêtée de plus près et j’ai cliqué.

Et le mot « Renouveau » m’est apparu une seconde fois depuis ce matin, je le voyais en lettres d’or, je le voyais partout ce « Renouveau », et cela m’a redonné espoir, et j’espère qu’il le donne à chacun.

Printemps, renouveau, se renouveler, c’est la nature la première à se renouveler chaque jour, c’est le scientifique qui se renouvelle chaque jour qui passe, c’est l’artiste qui se renouvelle, le peintre, mais aussi le musicien, le photographe, l’écrivain…

C’est chacun.

170321 Le Renouveau - Tableau Sandro Botticelli 1445-1510 - La Naissance de Vénus 1485

«  La naissance de Vénus » – Détail du tableau peint en 1485

Sandro Botticelli (1445-1510) – La Galerie des Offices à Florence – Italie

 

« Le Renouveau »

Le printemps maladif a chassé tristement

L’hiver, saison de l’art serein, l’hiver lucide,

Et, dans mon être à qui le sang morne préside

L’impuissance s’étire en un long bâillement.

Des crépuscules blancs tiédissent sous mon crâne

Qu’un cercle de fer serre ainsi qu’un vieux tombeau

Et triste, j’erre après un rêve vague et beau,

Par les champs où la sève immense se pavane.

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,

Et creusant de ma face une fosse à mon rêve,

Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

J’attends en m’abîmant que mon ennui s’élève…

– Cependant l’Azur rit sur la haie et l’éveil

De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

 

Stéphane Mallarmé (1842-1898)

Texte sur l’arrivée du printemps avec l’influence que la nature exerce sur son état d’âme.

 

170321 Le Renouveau - Pensées et jonquilles en bourgeons le 21 03 17

«  La nature se réveille, pensées et jonquilles »

 

Et dans cette époque où les valeurs sont de plus en plus bafouées, dans une époque où on veut détruire les racines, arrêtons-nous quelques instants sur ces lignes :

« Le renouveau a toujours été d’abord un retour aux sources. »

Romain Gary – Écrivain, romancier français (1914 – 1980 »

170321 Le Renouveau - Pensée fushia avec gouttelettes d'eau

170321 Le Renouveau - Pensée violettes avec gouttes d'eau

«  Pensées et gouttelettes de rosée »

 

 

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