« L’eau à la bouche »

Aujourd’hui on dirait que je raconte une histoire, on dirait que c’est dimanche, ou ce peut-être mercredi, ou tout simplement,  le jour de la mi-carême, soit le jeudi 23 mars 2017.

La maman ne travaille pas ce jour, les grands-parents sont venus passer un moment.

Il est 15 heures 30, dans moins d’une heure, grands-parents et enfants vont revenir de promenade et c’est l’évènement. Un temps de calme, un temps de liberté pour une maman qui comme toutes les mamans en a bien besoin, un peu de temps pour se poser, pour prendre un livre, l’ouvrir et le dévorer loin du brouhaha, loin des disputes ou des demandes incessantes.

Et tout à coup, la sonnerie du téléphone retentit, une fois, deux fois, trois fois. A la troisième fois la « Mamïa », décide de poser son livre, de se lever, de décrocher le combiné du téléphone et de répondre.

  • Allo, oui bonjour, qui est à l’appareil ?
  • Maman, oui c’est Paul,
  • Oui mon chéri, que veux-tu ?
  • Rien, on veut dire qu’on rentre avec les grands-parents à l’appartement, on a beaucoup marché et on a très faim.
  • A quelle heure serez-vous là ?
  • Pour 16 heures 30, 16 heures 45, peut-être avant.

Et c’est alors que l’enfant raccroche, et qu’elle entend « ding, ding », un son qui annonce que la conversation a pris fin.

Dans 1 heure environ, ils seront là, tous là, affamés, la mine tirée, piaffant à qui veut l’entendre des « J’ai faim, on a faim, qu’est-ce qu’on a pour le goûter ? Maman, on a trop marché, on est fatigué tellement on a faim… »

Après avoir fait un inventaire de ce qu’il y a dans les placards, dans la cuisine, elle fait une liste,

  • farine,
  • œufs,
  • lait,
  • sucre,
  • beurre,
  • miel,
  • crème.

Oh, inutile d’aller plus loin se dit-elle, je vais faire ….

Dans un grand saladier mettre de la farine, mais avant tout, chercher une balance.

Avec la bande d’affamés qui va arriver sous peu, il est prudent d’augmenter les doses, de passer de 300 grammes à 500 grammes de farine, de 3 œufs à 5 œufs, de rajouter un litre de liquide, soit 50 cl de lait et 50 cl d’eau.

Dans un saladier verser la farine, puis un à un ajouter les œufs et puis le mélange eau, lait, peut à peu, puis tout le liquide préparé et tout en continuant de bien mélanger la pâte et en veillant à ce qu’il n’y ait aucun grumeau. Si tel est le cas, prendre le mixer, le plonger dans la pâte, appuyer sur un bouton et sous le coup de la pression on entend « bze, bze, bze » et en trois coups, deux mouvements la pâte est prête.

Certains vont ajouter un peu d’huile, d’autre de la bière, à chacun son délire. Cela reste à la convenance du cuisinier.

Puis laisser reposer la pâte, une heure minimum, mais cela n’est pas une obligation.

Disons qu’en 30 minutes de repos pour la 1ère crêpe, cela fera 33 minutes pour la seconde, 36 minutes pour la troisième, 39 minutes pour la quatrième et à compter de la onzième, l’heure, soit les 60 minutes seront écoulées et on peut espérer qu’elles seront toutes parfaites.

Et que mettre dans ces crêpes ?

Hum, à l’avance on se lèche les babines, on se voit déjà, plongeant l’index dans le pot de caramel, le plonger dans un pâte ni trop dure, ni trop liquide, juste comme il faut, plonger le doigt et le ressortir, en vérifiant qu’il soit bien enduit. Oh le rêve !

Et que faut-il pour préparer cet accompagnement hors norme ?

Sucre, crème fraîche, beurre salé, que faire avec tout cela si ce n’est !

Un caramel !

Un caramel au beurre salé !

Et pourquoi pas ?

Et c’est alors qu’il faut sortir une casserole, de préférence en cuivre parce que ce matériau est plus sensible à la chaleur et qu’il permet une meilleure cuisson du sucre.

Pour ce faire il faut peser,

  • 200 gr de beurre salé,
  • 20 cl de crème liquide,
  • 400 gr de sucre en poudre,
  • 4 c. à s. de miel et de préférence liquide.

Verser dans la casserole le sucre dans sa totalité, puis tout le miel et mélanger l’ensemble et posant la casserole sur feu moyen. Mélanger jusqu’à l’obtention d’un liquide de couleur acajou.

Pour information, plus il fonce, plus il risque d’être amer.

Dans une autre casserole, verser la crème liquide et la chauffer. Une fois qu’elle est chauffée, la verser sur le caramel et tourner ce nouveau mélange avec énergie, toujours sur un feu et tout en veillant à ne pas avoir de grumeaux de caramel. Laisser cuire 3 minutes « chrono ».

Puis, nouvelle étape, retirer la casserole du feu, verser le beurre salé en petits morceaux et le mélanger en vérifiant qu’il fonde totalement.

Peu à peu, les narines vont quelque peu vous chatouiller, une odeur douçâtre va envahir la cuisine et même plus si quelques portes sont ouvertes. Une odeur de caramel, de crème sucrée vont par la magie des parfums venir vous titiller le palais et vous n’aurez plus qu’un souhait, celui de plonger l’index dans cette crème à la couleur café au lait, de l’orienter jusqu’à votre bouche et tout en fermant les yeux, de le sucer en dégustant cette petite merveille.

Et c’est ainsi que le rêve devient réalité.

Après avoir succombé à la tentation, une fois le mélange bien homogène, il reste à mettre ce délice en pots et à les étiqueter.

Selon la taille du récipient, vous aurez plus ou moins de pots.

Selon les gourmands, ils seront plus ou moins vite dévorés.

Le caramel prêt à déguster, il reste à préparer les dits « supports » qui ne sont que des crêpes croustillantes et dorées à point.

Le temps passant, les aiguilles de la pendule avançant, surtout la grande qui avance à grand pas quand on sait qu’elle fait le tour du cadran en 60 minutes par rapport à la petite qui met, quant à elle 12 heures, bref, il est temps désormais de commencer à cuire les crêpes avant que les ventres affamés ne rentrent.

Et c’est ainsi que de nouveaux ustensiles sortent de leur placard,

  • la poêle,
  • la louche,
  • la spatule,
  • un morceau d’essuie-tout pour graisser la poêle avec un peu d’huile et
  • un plat recouvert d’un torchon repassé pour protéger les crêpes qui vont attendre leurs congénères.

Allumer la plaque électrique, tourner le bouton qui correspond à la plaque et au maximum, poser la poêle dessus et  attendre.

Peu à peu, la chaleur va se diffuser et il va être temps à l’aide d’un essuie-tout bien huilé de graisser le fond de la poêle.

Puis prendre une louche, la plonger dans le saladier, mélanger à nouveau, tourner, tourner la pâte.

Quand la consistance est bonne, après avoir ajouté ou non un peu d’eau ou de lait,  remplir la louche à moitié et d’un coup sec et rapide verser son contenu sur la poêle en vérifiant à ce que la pâte recouvre tout le fond, sinon, faire des rotations.

Puis attendre, attendre, regarder, observer.

Les bords de la dite crêpe vont délicatement commencer à se décoller. Tenter de glisser la spatule entre la crêpe et la poêle et dès que la masse se détache,  à nouveau d’un coup sec, retourner celle qui deviendra la 1ère, ou la 2nde, ou la 3ème crêpe à déguster.

Une nouvelle odeur se dégage, celle de la pâte cuite, une odeur qui embaume la cuisine, et c’est un doux mélange de crêpes, de caramel qui va envahir, l’appartement mais aussi l’immeuble.

Petits et plus grands sont rentrés de promenade, les mains lavées, le cheveu peigné, ils ont déjà pris place autour de la table et attendent avec impatience de déguster ces crêpes croustillantes au beurre salé.

C’était, crêpes croustillantes au caramel beurre salé, une idée pour la mi-carême, pour un mercredi après-midi ou un dimanche en famille.

Êtes-vous impatient(s) de les déguster ces crêpes au caramel beurre salé ?

Si c’est le cas, merci de me le dire car je pourrais me dire que j’ai relevé ce défi.

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