« Mi-carême »

« Petit papa c’est donc la Mi – Carême,

Et te voici déguisé en soldat.

Petit papa, dis-moi si c’est pour rire,

Ou pour faire peur aux tous petits enfants. (Bis) »

« Non non ma fille, je pars pour la Patrie,

C’est un devoir ou tous les papas s’en vont.

Embrasse-moi petite fille chérie,

Je rentrerais bien vite à la maison. (Bis) »

« Dis-moi maman, quelle est cette médaille,

Et cette lettre qu’apporte le facteur ?

Dis-moi maman, tu pleures et tu défailles,

Ils ont tué petit père adoré.

« Oui mon enfant, ils ont tué ton père,

Pleure avec moi car … »

La Strasbourgeoise – Chant militaire

 

170323 Le Petit Journal - photo lors de la mi-carême

« Le Petit Journal »

Mi-Carême, au carnaval de Paris

 

C’était hier, et subitement, j’ai été prise de frissons en écoutant ce chant militaire de l’armée française qui se nomme  » La Strasbourgeoise  » ou  » La mendiante de Strasbourg « , ou encore  » L’Enfant de Strasbourg « .
Tout à coup j’ai être prise d’angoisse, j’ai pensé à ces hommes morts au combat, morts en 1870, mais aussi aux courageux qui sont battus, aux « gueules cassées », aux blessés et aux morts durant les deux premières guerres mondiales, celle de 14-18 et celle de 39-45, une pensée pour les familles, pour les veuves, les orphelins, les parents, les sœurs, les frères, les cousins, les amis de ces trop jeunes soldats.

Le carnaval de la Mi-Carême, est une fête qui trouve son origine au Moyen âge, et qui devient moins populaire à la Renaissance.

Pour mémoire, le carême peut se définir en 3 mots.
à savoir,

  • aumône ou partage,
  • prière et
  • jeûne.

Ce sont 40 jours qui nous sont donnés, pour nous convertir, un temps pour nous mener dans un chemin de libération.

  • « Aumône », pour l’amour du prochain,
  • « Prière », pour l’amour de dieu et
  • « Jeûne », pour le respect de soi – même.

A la Mi-Carême, on se rapproche de Pâques, comme le dirait Monsieur de la Palice, « on se trouve à la moitié du Carême et ne perdons pas courage », c’est aussi une bonne aubaine pour rompre avec le jeûne, échapper un temps à une rigueur imposée.

Pendant ces 20 jours, il était coutume de ne pas manger d’œufs, d’attendre ce jour pour utiliser les œufs, car dames poules ne font pas le Carême.
Manger les œufs des 3 premières semaines et en vue de Pâques, décorer les coquilles. Puis on conserve les œufs des 3 semaines à venir pour Pâques et c’est la même ritournelle.

Si crêpes, gaufres se sont invitées à nos tables en ce jour du mois de mars, on peut aussi y trouver des bugnes, et pour ce faire, il reste à mélanger,

  • 250 de farine,
  • 1 œuf, le plus gros possible,
  • 1/2 sachet de levure alsacienne ou dite chimique,
  • 1, 5 c. à s. de sucre,
  • un peu de lait (8 – 10 cl),
  • 75 g de beurre fondu,
  • 1 pincée de sel.

A ce mélange, il est conseillé d’ajouter du sucre vanillé, un zeste de citron et du rhum pour les parfumer.

 

170323 Photo de bugnes

« Quelques bugnes »

Bien mélanger les ingrédients, en finissant si besoin est par incorporer le rhum.
Travailler la pâte avec comme but, celui d’obtenir une boule, une boule à la pâte élastique, ni trop dure, no trop molle.
Laisser reposer la pâte 30 minutes au minimum, puis l’étaler sur une épaisseur de 5 mm.
Détailler en lanières de 10 cm sur 4, pratiquer une incision dur 5 cm au centre et plonger dans de l’huile de friture bien chaude.
Retourner les bugnes, attendre et après les avoir égoutté sur du papier absorbant les saupoudrer de sucre glace et les déguster tout chaud.

Cœur triste, âme en peine, sortir vêtu de déguisements, de colifichets, dentelles, cotillons et masques.
Ce qui se cache derrière ne se verra pas mais cela donnera du baume.

A Paris, depuis 2009, les déguisements seraient à nouveau d’actualité, et le Carnaval de la Mi – Carême aurait pris le nom de Carnaval des Femmes, Fête des Blanchisseuses, et même de Fête des Grenouilles.

 

Le comte de la Mi-Carême

Venant d’Espagne ou de Bohême,
Au trot de son lent cheval blanc,
Passe, en les villes de Brabant,
Le Comte de la Mi-Carême…

Prince de rêve et de fortune
Traversant l’air superbement
Avec sa bête de diamant
Et son manteau de clair de lune…

Ainsi lesté, ainsi chargé,
S’en va d’un pas toujours le même,
Par les chemins des soirs légers,
Le Comte de la Mi-Carême.

Émile Verhaeren – Poète Belge Flamand d’expression française (1855-1916)

 

170323 Détail tableau de Monet - Le carnaval

« Carnaval, boulevard des Capucines » – 1873

Détail du tableau de Claude Monet (1840-1926)

 

A la mi-carême

I

Le carnaval s’en va, les roses vont éclore ;
Sur les flancs des coteaux déjà court le gazon.
Cependant du plaisir la frileuse saison
Sous ses grelots légers rit et voltige encore,
Tandis que, soulevant les voiles de l’aurore,
Le Printemps inquiet paraît à l’horizon.

II

Du pauvre mois de mars il ne faut pas médire ;
Bien que le laboureur le craigne justement,
L’univers y renaît ; il est vrai que le vent,
La pluie et le soleil s’y disputent l’empire.
Qu’y faire ? Au temps des fleurs, le monde est un enfant ;
C’est sa première larme et son premier sourire.

III

C’est dans le mois de mars que tente de s’ouvrir
L’anémone sauvage aux corolles tremblantes.
Les femmes et les fleurs appellent le zéphyr ;
Et du fond des boudoirs les belles indolentes,
Balançant mollement leurs tailles nonchalantes,
Sous les vieux marronniers commencent à venir.

IV

C’est alors que les bals, plus joyeux et plus rares,
Prolongent plus longtemps leurs dernières fanfares ;
À ce bruit qui nous quitte, on court avec ardeur ;
La valseuse se livre avec plus de langueur :
Les yeux sont plus hardis, les lèvres moins avares,
La lassitude enivre, et l’amour vient au cœur.

V

S’il est vrai qu’ici-bas l’adieu de ce qu’on aime
Soit un si doux chagrin qu’on en voudrait mourir,
C’est dans le mois de mars, c’est à la mi-carême,
Qu’au sortir d’un souper un enfant du plaisir
Sur la valse et l’amour devrait faire un poème,
Et saluer gaiement ses dieux prêts à partir.

VI

Mais qui saura chanter tes pas pleins d’harmonie,
Et tes secrets divins, du vulgaire ignorés,
Belle Nymphe allemande aux brodequins dorés ?
Ô Muse de la valse ! ô fleur de poésie !
Où sont, de notre temps, les buveurs d’ambroisie
Dignes de s’étourdir dans tes bras adorés ?

VII

Quand, sur le Cithéron, la Bacchanale antique
Des filles de Cadmus dénouait les cheveux,
On laissait la beauté danser devant les dieux ;
Et si quelque profane, au son de la musique,
S’élançait dans les chœurs, la prêtresse impudique
De son thyrse de fer frappait l’audacieux.

VIII

Il n’en est pas ainsi dans nos fêtes grossières ;
Les vierges aujourd’hui se montrent moins sévères,
Et se laissent toucher sans grâce et sans fierté.
Nous ouvrons à qui veut nos quadrilles vulgaires ;
Nous perdons le respect qu’on doit à la beauté,
Et nos plaisirs bruyants font fuir la volupté.

IX

Tant que régna chez nous le menuet gothique,
D’observer la mesure on se souvint encor.
Nos pères la gardaient aux jours de thermidor,
Lorsqu’au bruit des canons dansait la République,
Lorsque la Tallien, soulevant sa tunique,
Faisait de ses pieds nus claquer les anneaux d’or.

X

Autres temps, autres mœurs ; le rythme et la cadence
Ont suivi les hasards et la commune loi.
Pendant que l’univers, ligué contre la France,
S’épuisait de fatigue à lui donner un roi,
La valse d’un coup d’aile a détrôné la danse.
Si quelqu’un s’en est plaint, certes, ce n’est pas moi.

XI

Je voudrais seulement, puisqu’elle est notre hôtesse,
Qu’on sût mieux honorer cette jeune déesse.
Je voudrais qu’à sa voix on pût régler nos pas,
Ne pas voir profaner une si douce ivresse,
Froisser d’un si beau sein les contours délicats,
Et le premier venu l’emporter dans ses bras.

XII

C’est notre barbarie et notre indifférence
Qu’il nous faut accuser ; notre esprit inconstant
Se prend de fantaisie et vit de changement ;
Mais le désordre même a besoin d’élégance ;
Et je voudrais du moins qu’une duchesse, en France,
Sût valser aussi bien qu’un bouvier allemand.

Alfred de Musset

Poète et dramaturge français de la période romantique (1810-1857)

 

 

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s