« Le pont Mirabeau »

Paris, le 16ème arrondissement, un rendez-vous, et c’est ainsi qu’en sortant de la station de RER Javel, que je me retrouve sur le pont Mirabeau pour rejoindre le quai Louis Blériot.

 

170404 Pont Mirabeau - Photo de la Seine

Il fait beau, le soleil brille, la Seine coule paisiblement, devant moi, alors que je me retrouve sur le pont, une vue à perte de vue.

Je regarde, j’admire, tout autour de moi, devant, derrière, à droite, à gauche, en haut, en bas.

Je voie le ciel, tous ces paysages qui nous entourent, comme toutes les personnes sur le pont, après avoir encore et une nouvelle fois humé l’air de ce Paris enchanteur, mon regard se pose sur le pont, sur ces rebords en acier, sur ces, ce que je pourrais appeler, barrières, protections fabriquées en métal, en fer…

Je regarde et j’admire la couleur verte du pont, la patine des rambardes, le temps semble être lui aussi passé par là, le temps qui passe tout comme l’eau qui passe sous les pieds de ceux et celles qui comme moi traversent le pont, l’eau qui coule sous le pont.

 

170404 Pont Mirabau - détail du pont

Et je me suis arrêtée, j’ai regardé le ciel, j’ai vu la tour Eiffel, j’ai vu cette dame majestueuse se dresser devant moi, elle est fine et reste fine, elle est légère et reste légère, tout comme élégante.

Non loin, en regardant sur la droite, on voie une enfilade d’immeubles plus hauts les uns que les autres, plus cossus les uns que les autres, comme si un concours était organisé, comme si chacun voulait être le plus imposant, le plus remarqué, le plus visible, le plus admiré.

Et j’ai traversé le pont, une fois franchi, j’ai cherché à le photographier et du quai Louis Blériot que je venais d’emprunter sur la droite.

J’avais un rendez-vous non loin, mais un peu de temps devant moi, je voulais saisir l’instant.

J’ai essayé, une deux, trois fois, le résultat n’était pas concluant, impossible à cette heure de la journée de prendre une bonne photo, j’étais en contre-jour. Et j’ai abandonné en me disant, pour une autre fois.

Une fois sortie, les aiguilles des montres, des pendules, des horloges, avaient changé de place, aiguilles, parce que je préfère l’aiguille qui avance et plus que le chiffre qui change.

La Seine, était toujours là, une belle luminosité, des rayons de soleil, des rayons de lumière qui se reflétaient dans l’eau et j’ai trouvé cela beau et j’ai photographié.

Une nouvelle fois, le temps s’écoulait comme l’eau sous le pont. J’ai longé le pont tout en restant sur le même côté, c’est à dire côté 16ème et j’ai cliqué, cliqué.

170404 Pont Mirabeau - Livre Guillaume Apollinaire 1880-1918

Le pont Mirabeau, mais cela me revient en mémoire, ne serait-ce pas le titre d’un poème de Guillaume Apollinaire ?

Ne serait-ce pas une belle poésie extraite de son recueil « Alcools » ?

Une poésie nous racontant le temps qui passe, l’histoire d’un amoureux bien triste, qui tombe dans la mélancolie alors qu’il a perdu sa douce et bien aimée ?

170404 Pont Mirabeau - plaque avec citation d'Apollinaire

Et une nouvelle fois, j’ai arrêté le temps.

 

« Sous le Pont Mirabeau »

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu’il m’en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l’heure
Les jours s’en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l’onde si lasse.

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

L’amour s’en va comme cette eau courante

L’amour s’en va

Comme la vie est lente

Et comme l’Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

Guillaume Apollinaire – Poète (1880-1918)

Extrait du recueil « Alcools »

 

170404 Pont Mirabeau - Photo du poème

Ce poème est paru dans le dernier numéro de la revue « Les soirées de Paris » en février 1912, puis est repris dans le recueil « Alcools » publié en 2013.

C’est la tristesse du temps qui passe. C’est aussi Francis Huster qui récite le poème admirablement.

C’est l’histoire de la plainte exagérée d’un amoureux qui a perdu l’être aimé.

Ce texte est écrit, alors qu’il rentre de chez Marie Laurencin.

 

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