« Un mois morose »

Les températures de l’air restent basses, le soleil n’est toujours pas au rendez-vous, parfois un rayon de soleil ose s’aventurer, percer le ciel et nous réchauffer, mais tout cela très timidement.

Il fait froid, encore du chauffage dans certaines maisons, dans certains appartements.

On appelle ce mois, le mois de mai, pour moi, c’est un mois d’octobre avec des journées plus longues, avec une végétation plus luxuriante, avec des fleurs deci – delà.

Mai, le 5ème mois de l’année et dire que dans un mois et 9 jours nous serons en été.

Difficile à croire.

Les élections présidentielles font déjà partie du passé, les nouvelles ou dites nouvelles n’ont rien pour réjouir, un jeune d’une école d’ingénieur similaire à celle de ma fille a succombé à des coups de couteau, j’ai une pensée particulière pour la victime, mais aussi pour ses parents, pour sa famille, ses amis.

Que pensez de tout cela ?

On se sent minuscule face à cette barbarie.

Le matin en partant, on peut se demander si on reviendra sain et sauf dans son foyer, mais surtout si on se retrouvera tous en famille, si un appel téléphonique ne va pas vous annoncer qu’un, qu’une proche est victime d’un fanatique, d’un déséquilibré !

Et c’est le mois des RTT, le salarié doit « liquider » ses jours fériés.

De nombreux en profitent pour partir.
Ce mois offre des jours de repos supplémentaires.
C’était le 1er mai, puis le 8 mai, dans quelques jours ce sera l’ascension. Un pont qui annonce un aqueduc avec ses 4 jours.

Tout est triste, les vitrines des magasins vous présentent des femmes aux décolletés généreux, à la position lascive, avec une hauteur de jupe qui se rapproche plus de la ceinture que des pieds.
Comme pour tout, il y a quand même des exceptions.

C’est ce qu’on vous présente et quand vous regardez autour de vous, vous ne découvrez que des femmes avec des cols montés, des bottes aux pieds, des femmes et des hommes emmitouflés dans un manteau qui a encore parfois de la fourrure au col, un comble !

On appelle cela le mois de mai.

Le sourire ne semble donc pas au rendez-vous ou est-ce moi, qui voie tout en gris, tout au moins dans une couleur taupe ?
Ai-je mis un filtre gris pour voir ce monde qui nous entoure ?
Ai-je mis un filtre pour voir ce monde manquer d’éclat, manquer de luminosité ?

Et tout en parcourant les couloirs des métros je regardais les affiches et j’ai pu constater qu’à Paris, que le choix des d’affiches était limité. Quelques affiches pour annoncer des films, des pièces de théâtre, des expositions, pour annoncer des idées de sorties présentes ou à venir.

 

170512 Morose - Exposition Au delà des etoiles de Monet à Kandinsky

« Au-delà des Etoiles » – Exposition au musée d’Orsay à Paris

 

« Les passants s’étonnaient de voir ce garçon lourd et morose, vêtu d’habits grossiers, mal ajustés, donner le bras à une jeune fille si gracieuse, si élégante. On eut dit un simple jardinier promenant une rose. »

Le portrait de Dorian Gray

Oscar Wilde – Écrivain irlandais (1854-1900)

 

170512 Morose - Théatre - Comtesse de Ségur

«  Comtesse de Ségur » au théâtre – Studio Hébertot

Et il y a cette affiche surprenante avec un homme donnant le biberon.
J’imagine mon père à la place de cet homme.
Tout a changé, est-ce un bien ?
Est-ce un mal ?

 

170512 Morose - Pub Galeries Lafayette - Père donnant le biberon

«  Publicité dans le métro pour les Galeries Lafayette »

 

Demain sera un autre jour.

 

170512 Vincent+Van+Gogh - Le Vieil homme triste

« Le vieil homme triste »

Vincent van Gogh (1853-1890)

 

« Vieille chanson du jeune temps »

Je ne songeais pas à Rose ;

Rose au bois vint avec moi ;

Nous parlions de quelque chose,

Mais je ne sais plus de quoi.

 

J’étais froid comme les marbres ;

Je marchais à pas distraits ;

Je parlais des fleurs, des arbres

Son œil semblait dire:  » Après ? « 

 

La rosée offrait ses perles,

Le taillis ses parasols ;

J’allais ; j’écoutais les merles,

Et Rose les rossignols.

 

Moi, seize ans, et l’air morose ;

Elle, vingt ; ses yeux brillaient.

Les rossignols chantaient Rose

Et les merles me sifflaient.

 

Rose, droite sur ses hanches,

Leva son beau bras tremblant

Pour prendre une mûre aux branches

Je ne vis pas son bras blanc.

 

Une eau courait, fraîche et creuse,

Sur les mousses de velours ;

Et la nature amoureuse

Dormait dans les grands bois sourds.

 

Rose défit sa chaussure,

Et mit, d’un air ingénu,

Son petit pied dans l’eau pure

Je ne vis pas son pied nu.

 

Je ne savais que lui dire ;

Je la suivais dans le bois,

La voyant parfois sourire

Et soupirer quelquefois.

 

Je ne vis qu’elle était belle

Qu’en sortant des grands bois sourds.

« Soit ; n’y pensons plus ! »  dit-elle.

Depuis, j’y pense toujours.

 

Extrait du recueil « Les Contemplations »

Victor Hugo – Poète, dramaturge et prosateur français (1802-1885)

 

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