« Misère »

« La misère est un monstre hideux qui flétrit lentement le cœur qu’il étreint de sa main de glace. »

Jules Sandeau – Romancier et auteur dramatique français (1811-1883) – Extrait de Marianna (1839)

 

On peut conjuguer le verbe se plaindre mais cela n’a pas grand intérêt. Et se plaindre de quoi ?

Du temps qu’il fait, d’une panne de voiture, d’une déception  quelconque, d’un rendez-vous manqué…

Hier soir je rentrais et quelle surprise quand je suis passée devant les dits « Grands magasins » pour ne pas les citer, devant ces grandes vitrines qui attirent tant et tant de monde au moment de Noël !

Quels enfants ne sont pas venus s’extasier, tirant leurs parents par une manche, par un pan de manteau avec ces paroles ?

  • Maman, papa, on peut aller voir les  vitrines de Noël !

Je suis passée, il devait être vers les 22 heures 30, la nuit était tombée sur Paris. Une nouvelle fois, une mauvaise surprise, pas de RER pour rentrer. Une petite marche santé de la station Auber, à la gare Saint Lazare.

Devant moi 10, 15, peut-être même 20 personnes enveloppées ou tout simplement couchées et emmitouflées dans des sacs de couchage.

Si nous avons souvent rencontré une, deux personnes qui faisaient la manche, une, deux personnes allongées dans un coin de rue, avec une couverture plus ou moins propre, des sacs en plastic qui débordaient de je ne sais quoi, car c’était aussi un des aspects de la France, un des aspects de Paris, un aspect d’une misère, aujourd’hui il semble que cela devienne monnaie courante, ce sont des vues, des scènes de plus en plus présentes, quotidiennes dans notre pays qui se dit civilisé.

J’ai donc vu des hommes, des femmes et quelques enfants, allongés, serrés les uns contre les autres. Les têtes étaient invisibles, elles étaient comme enfouies dans une sorte de nid. J’ai été prise d’une peine, d’une pitié envers ces personnes. Je suis passée une fois, deux fois et je n’ai pas résisté à prendre deux photos pour montrer ceux que beaucoup refusent de voir.

170613 La misère devant AUber

« On ne peut fonder la prospérité des uns sur la misère des autres »

Vincent Auriol – Président français sous la 4ème République (1884-1966) – Parti politique : le SFIO – Section Française de l’Internationale Ouvrière – Parti qui a disparu en 1969, absorbé ou qui s’est trouvé dissous dans le PS – Parti Socialiste.

170613 La Misère photo l'homme au lapin blanc

Sans logement, sans habitation, sans toit, prise de frémissement devant tant de misère, j’ai réalisé que ce spectacle devenait de plus en plus présent dans nos rues de Paris.

Depuis 1981, la France est dirigée par des partis politiques qui ont une idéologie, social-démocrate, socialiste démocratique, socialiste et même marxiste sous certains côtés.

Si j’ai un profond respect pour l’être humain en tant que tel, en tant que personne, il y a des idéologies que j’ai beaucoup de mal  à comprendre et avec les années je constate que l’hypocrisie des uns, le mensonge des autres, n’apportent pas le bonheur soit-disant escompté et là encore nous en avons une preuve.

Habitante de Paris et de la région parisienne depuis plus le 35 ans, j’ai vu des mes yeux, des quartiers changer, une population changer.

Est-ce le début de la vieillesse ?

Est-ce une perte de mémoire ?

  • Il ne me semble pas, je constate surtout ou perçois qu’une misère croît, que de plus en plus en femmes, d’enfants font la manche.

Il y a encore peu, on rencontrait un homme, le plus souvent. Un homme seul tendant la main ou non d’ailleurs. Vous lui donniez un pain au chocolat, un café, un fruit, il vous regardait souvent avec ses yeux d’un bleu limpide, avec un regard franc et d’un sourire vous disait « Merci ». On pouvait discuter de tout et de rien, du lapin ou de d’autres sujets de la vie, de vrais philosophes.

170613 La Misère photo l'homme au lapin blanc 1

Aujourd’hui c’est autre chose, vous êtes souvent regardé de travers, on cherche à vous culpabiliser si vous ne donnez pas, on arrive même à vous tendre une main sous les yeux, vous donnez ou non, on vous fusille du regard si ce n’est pas de l’argent, vous offrez un gâteau, un fruit, c’est presque si on ne vous le jette pas à la figure. Vous ne pouvez échanger…

Bien sûr, quelques exceptions viennent contredire mes dires et c’est heureux.

Et je ne décrirais pas les sous-sols de la gare Saint Lazare, vers les escalators des sous-sols, à la croisée de chemins qui vous mènent vers les différents lignes de métros. Ils, ou plutôt elles sont toutes habillées de la même manière. Elles portent toutes le carton, graphisme identique, inscriptions identiques… une nouvelle misère.

Étrangers, étrangères pour la grande majorité, il est impossible d’échanger la moindre parole, nous ne parlons pas le même langage.

Cherchent-ils à s’intégrer ?

Veulent-ils s’intégrer ?

Peuvent-ils s’intégrer ?

Ah, si j’étais Présidente de la République !

« Les misères de la vie enseignent l’art du silence. »

Sénèque – Philosophe, dramaturge et homme d’état romain (- 4 av. J.C. + 66 après J.C.)

170613 La Misère photo l'homme aux 2 lapins

Et que dire quand on lit cette citation

« La paresse et l’oisiveté sont les avant-coureurs de la misère. »

Charles Dubois – Journaliste, écrivain français (1834-1911) – Extrait de Considération sur cinq fléaux – texte de 1857

Qu’en pensez-vous ?

 

2 réflexions au sujet de « « Misère » »

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