« A côté de chez nous » Suite N° 2

C’était le 6 avril 2017, c’était le 10 avril 2017,

« A côté de chez nous »

Cliquez sur ces dates, et vous trouverez les premiers textes.

C’est à quelques kilomètres de chez nous, c’est à Paris, elle s’appelle Raymonde, c’est notre héroïne, enfin, cela dépend d’où on se place.

Les jours, les semaines, les mois passent, elle vient, elle repart, ou on va la chercher, on la ramène.

Elle nous voit, elle nous saute au cou, on repart, elle a des larmes aux yeux et nous aussi, elle a le cœur serré, nous avons le cœur serré.

C’est devenu un petit oiseau, un petit oiseau tout frêle,  comme le petit oiseau sur la branche un soir d’hiver.

Si l’oiseau chante sur une belle branche à qui veut l’entendre, elle parle aussi à qui veut l’entendre et quand on est à ses côtés, elle ne peut plus s’arrêter, et ce sont des souvenirs et des souvenirs qui reviennent.

Cette semaine B. est allée lui rendre visite, une visite surprise et qui a rendu notre Raymonde ou Mémo, bien heureuse.

Elles ont discuté, et B. a appris que Raymonde n’avait plus de lunettes et à 85 ans !

  • Comment vivre sans ?
  • Comment se déplacer, reconnaître l’autre, quand on n’a pas été opéré
  • Comment voir de loin,
  • Comment lire ?
  • Comment cuisiner ou même réchauffer les plats ?
  • Comment s’entretenir au quotidien et seul ?

Hier je suis passée, en espérant pouvoir l’emmener, mais il faisait trop chaud, elle était fatiguée, et le temps disponible n’était pas suffisant. D’un commun accord, nous avons convenu que je reviendrai ce jour et c’est ce que j’ai fait. On s’est contenté de prendre un rendez-vous avec Antony, l’opticien.

170617 Mémo prise de mesures

« Prise de mesures, rien au hasard »

Et je suis venue, avec sa carte vitale, enfin reçue,  et avec son ordonnance.

J’attendais la mutuelle, mais mes demandes n’ont pas eu le succès escompté et devant l’urgence, j’ai pris la décision de l’emmener chez un opticien que je connais.

Ni une, ni deux, tout a été réglé.

De bon matin je suis donc allée la chercher, elle m’attendait déjà au pied de l’immeuble, derrière la porte vitrée. Tel un petit chat tout frêle, elle regardait les gens passer, elle regardait la rue, elle regardait les voitures, elle regardait sans trop voir.

Je suis arrivée et nous sommes montées dans son logement, plus de lunettes en effet, elles auraient été volées dans le bus, arrachées par une dame élégante, est-ce vrai ? Est-ce faux ? Le résultat est le même, pas de lunettes.

Puis je suis allée chercher la sacoche dans laquelle sont ses papiers, un portefeuille, un peu d’argent une carte d’identité… Rien, je n’ai rien retrouvé.

J’ai regardé et encore regardé, j’ai ouvert les portes des placards, regardé dans les poches de ses manteaux et vestes. J’ai vite fait le tour.

La porte du placard sous l’évier est tombée une nouvelle fois, devant mes pieds et  sans que je puisse faire quelque chose pour la retenir ; j’ai cherché un peu partout, mais rien, rien, et rien n’a changé.

Une veste sur le dos, nous avons fermé son appartement, j’ai pris le soin d’emporter la clé et nous sommes parties bras dessus, bras dessous. Plus de carte Navigo, je l’ai refaite faire mais cette fois je l’ai gardée.

Nous avons traversé Paris, elle parlait, n’arrêtait pas de parler et j’étais contente de la sentir heureuse. Nous avons marché, monté des escaliers, descendu d’autres, jusqu’au magasin. Attendues, nous avons elle a été soignée comme une « reine » et cela m’a fait grand plaisir.

170617 Mémo des lunettes et encore des lunettes

« Il y en a pour tous les goûts »

  • Quand aura-t-elle ses lunettes ?
  • Dans quelques jours, et j’irai seule les chercher. Les mesures ont été prises, tout devrait aller au mieux.

170617 Mémo les montures choisies

« Quelle paire choisir ? »

En attendant, rien ne va, la solitude fait son œuvre, c’est à dire que le manque de contact devient catastrophique et notre chère Raymonde semble perdre de plus en plus vite la mémoire immédiate, la mémoire des derniers jours, des dernières semaines, des derniers mois.

J’ai prévenu, écrit, rien ne fait. Il me reste à l’emmener chez un médecin, à demander un diagnostic et à veiller sur elle pour qu’elle puisse aller dans une maison où on s’occupera plus de notre Raymonde nationale.

Ah, la vieillesse, à la solitude, deux mots qui ne s’entendent pas, deux mots qui ne font pas bon ménage et qui mènent surtout à une sénilité précoce.

 

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