« Le dernier jour du printemps »

C’est aujourd’hui le dernier jour du printemps. Depuis trois mois tu nous as enchanté, on a aimé te voir, sortir peu à peu de l’hiver, on a aimé voir naître tes feuilles et tes fleurs sur les arbres, te voir apparaître dans nos jardins mais aussi, sur nos balcons.  Depuis  quelque temps, tes boutons n’ont pas cessé d’éclore et continuent encore et encore, toute la nature s’épanouit.

Grâce à tes couleurs nous avons été réveillés, grâce à tes couleurs, toute la nature s’est embellie. Printemps, mon beau printemps, nous t’aimons et te magnifions.

Printemps, belle saison, merci pour ces trois mois passés.

170620 Le Printemps - fleurs roses foncées

Demain, ce sera l’été, la saison la plus chaude de l’année, une saison de maturité, les fruits des arbres vont continuer de s’épanouir pour régaler petits et grands, après les cerises et les fraises, les pêches, les abricots et par la suite les prunes, sans oublier les raisin, les pommes,les poires et le figues.

Puis, les nuits vont peu à peu commencer à se raccourcir, les nuits deviendront plus fraiches. Été, belle saison comme la précédente, comme la suivante nous allons aussi t’aimer.

Mais, avant de te quitter, joli printemps, quelques lignes, de Victor Hugo, un premier texte extrait du recueil « L’art d’être grand-père », écrit en 1877 et« Toute la lyre » et un second extrait du recueil, recueil publié à titre posthume.

Le printemps, ce sont aussi quelques couleurs,
170620 Le Printemps - fleurs et feuilles roses

 

« Le Printemps »

Tout rayonne, tout luit, tout aime, tout est doux ;
Les oiseaux semblent d’air et de lumière fous ;
L’âme dans l’infini croit voir un grand sourire.
À quoi bon exiler, rois ? à quoi bon proscrire ?
Proscrivez-vous l’été ? m’exilez-vous des fleurs ?
Pouvez-vous empêcher les souffles, les chaleurs,
Les clartés, d’être là, sans joug, sans fin, sans nombre,
Et de me faire fête, à moi banni, dans l’ombre ?
Pouvez-vous m’amoindrir les grands flots haletants,
L’océan, la joyeuse écume, le printemps
Jetant les parfums comme un prodigue en démence,
Et m’ôter un rayon de ce soleil immense ?
Non. Et je vous pardonne. Allez, trônez, vivez,
Et tâchez d’être rois longtemps, si vous pouvez.
Moi, pendant ce temps-là, je maraude, et je cueille,
Comme vous un empire, un brin de chèvrefeuille,
Et je l’emporte, ayant pour conquête une fleur.
Quand, au-dessus de moi, dans l’arbre, un querelleur,
Un mâle, cherche noise à sa douce femelle,
Ce n’est pas mon affaire et pourtant je m’en mêle,
Je dis : Paix là, messieurs les oiseaux, dans les bois !
Je les réconcilie avec ma grosse voix ;
Un peu de peur qu’on fait aux amants les rapproche.
Je n’ai point de ruisseau, de torrent, ni de roche ;
Mon gazon est étroit, et, tout près de la mer,
Mon bassin n’est pas grand, mais il n’est pas amer.
Ce coin de terre est humble et me plaît ; car l’espace
Est sur ma tête, et l’astre y brille, et l’aigle y passe,
Et le vaste Borée y plane éperdument.
Ce parterre modeste et ce haut firmament
Sont à moi ; ces bouquets, ces feuillages, cette herbe
M’aiment, et je sens croître en moi l’oubli superbe.
Je voudrais bien savoir comment je m’y prendrais
Pour me souvenir, moi l’hôte de ces forêts
Qu’il est quelqu’un, là-bas, au loin, sur cette terre,
Qui s’amuse à proscrire, et règne, et fait la guerre,
Puisque je suis là seul devant l’immensité,
Et puisqu’ayant sur moi le profond ciel d’été
Où le vent souffle avec la douceur d’une lyre,
J’entends dans le jardin les petits enfants rire.
Extrait du recueil « L’art d’être grand-père» – 1877

170620 Le Printemps - fleurs jaunes

« Le Printemps »

Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !
Voici le printemps ! mars, avril au doux sourire,
Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !
Les peupliers, au bord des fleuves endormis,
Se courbent mollement comme de grandes palmes ;
L’oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;
Il semble que tout rit, et que les arbres verts
Sont joyeux d’être ensemble et se disent des vers.
Le jour naît couronné d’une aube fraîche et tendre ;
Le soir est plein d’amour ; la nuit, on croit entendre,
A travers l’ombre immense et sous le ciel béni,
Quelque chose d’heureux chanter dans l’infini.

Extrait du recueil « Toute la lyre » – Publié à titre posthume par Paul Meurice en 1888 et en 1893. On raconte même que ce recueil a été remanié en 1897, soit 12 ans après la mort de Victor Hugo – Poète, dramaturge, prosateur romantique français (1802-1885).

170620 Le Printemps - fleurs et feuilles

 

Mon beau printemps, à l’année prochaine !

 

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