« Mauvaise blague »

Il est 21 heures, je sors de la rame du métro, un peu en catastrophe après avoir constaté que nous sommes déjà arrivés à la station attendue, celle de Franklin Roosevelt sur la ligne 1.

Ce soir du 18 août le métro parisien est bondé, il faut avouer que le RER A est en travaux et que la ligne « 1 », est la seule qui emprunte sensiblement le même parcours, celui qui mène de la Station « La Défense » à celle de « Nation » en passant par « Châtelet », «Gare de Lyon » et d’autres encore.

Les bras ou les épaules chargés d’un sac à main et autres sacs dont un ordinateur,… d’un pas pressé et ce malgré une patte « folle » qui continue de me chatouiller à ses heures, mais j’avance sans me poser trop de questions, tout au moins à ce sujet.

Cette station est plutôt mal éclairée, et c’est comme si on devait marcher, être sur ce quai dans une ambiance tamisée, intimiste.

Donc ni une ni deux j’avance quand tout à coup, je réalise que je perds tout contrôle de ma personne mais et surtout, comme dans un mauvais film au ralenti, quand je constate que je perds l’équilibre, glissant sans le vouloir sur une matière humide, et qu’il m’est impossible de stopper cette chute à venir, malfaisante, surprenante…

En peu de peu et même moins qu’il en faut pour le dire, je me retrouve, presque les quatre fers en l’air, à gire sur le macadam, impuissante, souffrant le martyre alors que trois jeunes filles, ou femmes, vêtues d’un même gilet sans manches, vert clair avec le logo de la RATP, imprimé dessus, viennent à peine de me croiser.

C’est demoiselle, qui peuvent être des messieurs d’ailleurs, sont des étudiants qui font un « job » d’été, et qui ont pour nom, « Les gilets verts ».

FB 170819 Métro parisien gilets verts

Je viens donc à l’instant de tomber sur le genou gauche et cette mauvaise plaisanterie fait atrocement souffrir.

Pour la petite histoire j’ai glissé sur une pelure d’oignon frais, en posant mon talon gauche sur ce reste de légume qui avait dû, soit tomber d’un panier de ménagère bien garni, soit être jeté à terre par une âme sans aucun état d’âme et qui, j’ose l’espérer n’était pas consciente de son geste plus que léger et criminel, n’ayons pas peur des mots.

Une nouvelle fois, adieu « Veau, vache, cochon, couvée », adieu Lille ou Nice pour un verre de l’amitié, adieu pour un début de marche sur le chemin vers Compostelle, adieu un rock ou une valse dans les deux, trois prochaines semaines à venir !!!

Gisante au sol, souffrant tout de même beaucoup, deux femmes témoins de la scène et passagères comme moi, se sont approchées, et l’une et l’autre ont pu constater que ‘j’étais focalisée sur un genou endolori et que j’avais du mal à bouger.

Tant bien que mal, avec l’aide de l’une d’elle, j’ai pu me relever et surtout aller m’asseoir en attendant qu’un agent de la RATP veuille bien venir pour constater l’incident.

Les trois « donzelles » occupées à parler de la soirée à venir ou peut être d’un bel éphèbe rencontrer sur un quai, ont été interrompues dans leurs bavardages par un passager et l’une d’elle est enfin partie chercher une responsable.

Une fois ces « pseudos surveillantes » du quai au « chevet » tout au moins devant la blessée, j’ai raconté la scène passée, j’ai montré la pièce à conviction, la traînée laissée par le légume frais écrasé et le résultat sur un pauvre genou, qui en a perdu la première peau.

Puis un métro est arrivé, les deux « aides soignantes »,  passagères s’en sont allées,  la mine quelque peu désolée et déconfite, peut-être même avec un léger remord, celui d’avoir abandonné à un triste sort une autre voyageuse de la RATP.

Puis une responsable du « Métro parisien », de RATP est arrivée tout sourire avec un talkiewalkie, fixé à la taille et cherchant à savoir de quoi il en retourné.

Après un

  • « Bonjour Madame »,

la question a été,

  • « Voulez vous pompiers ? ».

Un « non » franc et catégorique est sorti sans attendre.

Je ne savais pas trop comment j’allais me déplacer, mais non, non et non.

Frottant au maximum ce genou maltraité, j’ai surtout demandé qu’une déclaration d’accident soit faite.
La « gentille dame » à pris ma carte d’identité et au dos d’une enveloppe a griffonné en plus du prénom, du nom, de la date de naissance et des coordonnées, de l’accidentée.

Puis elle est revenue à la charge avec les pompiers.

Il a fallu surtout que j’insiste pour que la plaie soit désinfectée au plus vite.
Et là encore , on se croit dans un mauvais film, là encore les secours ne viennent pas jusqu’à vous, mais vous allez jusqu’à eux. Clopin-clopan, dandinant tel un dindon…

Et la suite j’espère au plus vite…

Bref, on m’a remis un bout de papier avec un numéro de téléphone et demandé d’appeler le lendemain le service clients !

Le lendemain, à la première heure, j’ai composé le numéro et plusieurs fois avant de tomber sur un interlocuteur, avant de tomber sur une voix qui ne soit pas enregistrée, avant de pouvoir m’entretenir avec une personne susceptible de répondre à mes questions.

Avec regret, j’ai pu constater qu’il n’était pas aisé à la RATP d’avoir un correspondant, digne de ce nom.

Durant l’entretien téléphonique j’ai appris qu’aucune réclamation n’était faite par téléphone, ni sur internet et je suis repartie avec une adresse postale, le nom du service juridique.

Après avoir rencontré un médecin,… je dois adressé une lettre détaillée à la RATP, expliquer ce qui est arrivé, reprendre toute l’histoire depuis le début. Une fois la lettre reçue, une commission va décider de la responsabilité de la RATP, et ils vont se mettre en rapport. Et la fin de l’histoire ???

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