« Retour un jour de grève »

Vous ne faites pas trop attention. Le quai se remplit. Vous attendez une, deux, voire même trois, quatre , cinq minutes, rien n’arrive.
Vous pensez à tout et à rien.
Vous êtes dans votre bulle, et vous vous dites,
  « C’est curieux, toujours pas de train ».
Puis, tout à coup votre attention est attirée parce que le mot Cergy, puis celui de Poissy, que ces noms de villes raisonnent dans vos oreilles.

Qu’en est il ?
Par grand chose car l’information était donnée avant ?
Il vous reste à attendre qu’un nouveau message soit diffusé.

Et j’ai attendu, j’ai attendu, et en même temps la foule se pressée sur le quai, les escalators versaient ou déversaient, un flot de personnes et tous comme par hasard se rejoignaient aux mêmes endroits c’est-à-dire sur les quais, sur celui de droite et sur celui de gauche.

Puis, je ne sais quelle mouche m’a piquée et j’ai eu l’idée de lever la tête, de regarder en l’air, et là, un panneau d’affichage électronique mentionnait pour la première destination, « Rueil Malmaison », puis une seconde, « Saint Germain en Laye » , puis sur une troisième ligne, à nouveau « Saint Germain en Laye » et encore…

A aucun moment il était mentionné « Poissy » ou « Cergy », et là, cela m’a fait « tilt » et j’ai compris.

Au même moment, un message oral a été diffusé.
  « En raison d’un mouvement social tous les voyageurs qui veulent se rendre en direction de Cergy ou en direction de Poissy, doivent se rendre à la gare Saint Lazare. Aucun RER A pour ces deux directions ».

Interloquée par l’annonce, j’ai commencé à faire les 100 pas, tout en attendant le prochain RER A, qui me rapprocherait de la gare Saint Lazare.

La station Auber étant à 5, voire au plus, à 7 minutes à pieds, de la gare Saint Lazare, je me rapprochais indubitablement.

Puis j’ai attendu, et rien n’est venu.
Le quai quant à lui continuait de se remplir.

Puis une nouvelle fois, j’ai levé la tête en l’air, non pas pour regarder un pigeon voler, mais peut-être par instinct, pour voir !

Et là, j’ai réalisé que la ligne 14 était indiquée, qu’il était même possible de la récupérer en partance de cette gare, de la gare de Lyon, et qu’un panneau d’affichage indiquait comment s’y rendre.
Deux destinations possibles avec cette ligne 14, donc deux sens, avec comme destination, en plus de gare Saint Lazare, la possibilité de se rendre à la station Olympiades, et là, ni une ni deux, j’ai pris le premier escalator qui se présentait, il montait et du quai de la ligne A, du RER, j’allais rejoindre la station du métro Saint Lazare par la ligne 14.

Et, il m’a emmené dans la direction.
Là encore, j’ai été comme prise par ma foule, ou me suis-je tout simplement glissée dans la foule ?

Peu après, je rentrais dans un des wagons, un peu brutalement d’ailleurs, comme poussée par d’autres passagers, qui comme moi tenaient et voulaient prendre cette direction à défaut, d’aller au terminus.

Et c’est là, que la chance a souri, pas d’attente prolongée , le train en direction de Cergy avait son moteur qui ronronnait, et de plus sur le tableau d’affichage, on pouvait lire qu’il restait deux minutes avant le départ.

Précautionneuse je suis montée dans le second wagon et je l’ai traversé, puis je suis descendue, pour monter dans un second wagon. On ne sait jamais, si je trouvais une place assise, si je me rapprochais de l’escalator !

J’ai eu temps de traverser 3 wagons avant de m’arrêter et de trouver une place assise.
Difficile de trouver une place assise un jour de grève ! Je regardais de tous côtés, jusqu’au moment où je l’ai trouvée cette petite place.

Après avoir enjambé deux personnes, j’ai réussi à poser mon sac et à m’asseoir, et j’étais dans un wagon, assise, et le train partit.

Le train étant un omnibus, il s’est arrêté à tour de rôle à toutes les stations, il faisait comme des sauts de puces.

L’essentiel était d’arriver à bon port et le plus vite possible.

Et ce soir là, j’avais le rendez-vous du mardi soir, et malheureusement je n’ai pu m’y rendre.

Et c’est ainsi. Et ce jour, est un autre jour, et ces messieurs et ces dames de la RATP n’ont pas pris en otages les voyageurs.

Et pendant ce temps, embouteillages hier sur les routes,  » Journée noire  » !

Belle journée !

L’image contient peut-être : plein air
«Direct Matin, le journal du travailleur emprunteur de transports en commun ! »

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